mercredi 3 février 2010

Les Gambier en catamaran : épisode 2 / janvier 2010

Les Gambier : du 15 au 31 janvier au 2010
(English version below)

Après l’épisode des jours, nuits, heures et secondes nous voici abordant la phase mm3, cm3, m3, …. et déluge …. PLUIE, PLUIE, PLUIE … Même l’Amazonie était moins humide, vous dire !!! L’avantage 1er c’est que nous ne manquons pas d’eau et donc à nous les longues douches. 2ème avantage, les longues excursions « imposées » quotidiennement par Philippe ont été écourtées, ce qui en résulte le 3ème avantage : merci pour mes pauvres pieds qui se remettent peu à peu de ces affreuses ampoules qui vous font regretter de n’avoir porté que des tongues pendant ces 3 dernières années … 4ème avantage : les larmes d’Emma se sont noyées dans ce déluge et après 15 jours de cris et de plaintes, enfin là voila attendant le retour en classe avec impatience.


Cela ne nous a pas empêché de fêter dignement l’année supplémentaire de notre capitaine avec en prime une chanson interprétée par Emma, thème les poissons et les tortues, et de surcroît en mangarévien.

Quelques événements à noter tout de même. Commençons tout d’abord par l’arrivée de la goélette, seule animation du village et quelle animation ! C’est le rendez-vous de tous les habitants des Gambier, c’est le « tant attendu », l’arche de Noé des marchandises. Imaginez les filles, ça fait le même effet que le 1er jour des soldes chez Bloomingdale’s. Donc c’est ici qu’on vient récupérer tous ses achats passés à la grande ville, tout type de marchandises transite par les cales de ce bateau : de l’échafaudage, au chariot élévateur en passant par les cartons de spirales anti-moustiques au litre de décapant tant attendu et cherché par notre ami de « Sarah », des vivres, en résumé tout ce dont vous pourriez avoir besoin ou envie. C’est aussi le seul moyen de se réapprovisionner en carburant (eh ben oui, y pas des stations services partout !!!), certains utilisent des bidons et d’autres, comme Antoine, préfèrent le corps à corps.
Et tout cela dans une ambiance décontractée, sereine et bon enfant avec en bonus le petit stand snack, spécialement monté pour l’occasion, qui vous fournit sandwichs et succulents beignets au chocolat.
Et durant cette période, un seul magnifique week-end mais quel magnifique week-end ! Après avoir slalomé entre les bouées des fermes perlières, et dieu sait qu’il y en a, un vrai parcours du combattant, nous stoppons face à un motu dans un mouillage qui est pour nous l’un des plus beaux de tout notre voyage. Une vraie splendeur, sable fin, patates de corail, eau translucide, arbres splendides et variés, et avec pour seuls habitants, ces cochons pas farouches et ces quelques oiseaux. Par contre c est ce que Philippe appelle un mouillage « audacieux » car il faut slalomer dans 2 mètres d’eau au milieu des patates de corail et mouiller sur 2 ancres car le corail est à quelques mètres de chaque coté et nous « presque » posés à marée basse mais après quel calme !

Nous y retrouverons Banana Split avec Francette et Antoine, qui sont de très loin les grands spécialistes de ce genre de mouillage, pour de fabuleuses photos. Merci à Francette.

Ensuite retour le dimanche soir à Rikitea, eh oui, notre week-end est terminé : il y a école lundi matin … et randonnée, aie, aie, aie !!!

And now English version.
After the nights, days, hours and seconds here we are again with the mm3, cm3, m3 … part and the deluge… RAIN, RAIN, RAIN… Even Amazonia was less humid, can you imagine? The good parts of it are 1) we have plenty of water in the tanks and no shower restriction, 2) the long “compulsory” walk with Philippe are shortened which leads to 3) thank you for my poor feet that are recovering from those terrible blisters that make you regret of wearing only flip flap for the last three years… 4)Emma’s tears were washed away by all that rain and after 2 weeks of cries and complains at last she is looking forward to going to school every morning.
All that did not prevent us from celebrating our Captain’s birthday with as a bonus a song from Emma about fishes and turtles but more that all in mangarevian !
Some event to be noticed. First of all the “schooner” which is no more a real schooner of course but a small (and old) cargo ship, the only attraction for the village and what an attraction !This the meeting point of all the Gambier inhabitants, it is the “ so waited” the Noah’s ark of goods. Hey girls imagine the first days of going round the sales at Bloomingdale’s. so this where you come to get everything you ordered in town, all kind of goods come from those ships: forklift, scaffolding, boxes of mosquito repellant , paint stripper, food well in fact all you can need or wish. This as well the only opportunity to get fuel (you don t have any gas station here!), some o them use jerry cans some other like our friend Antoine prefer to be more “in contact”.
All that in a very relax atmosphere, with the typical small snack shop here only during the unloading with great sandwiches and delicious chocolate donuts.
During those three weeks only one nice week end but what a week end! After having dodging through the pearls farms and God knows how many they are, a real assault course, we stop in front of a motu in an anchorage which is for us one of the nicest of our all trip. A real marvel, soft sand coral heads crystal clear water, very nice and different trees, with only friendly pigs and nice birds to welcome us. In fact this is what Philippe call a “daring anchorage” because you have to dodge between coral heads in a two meter deep sea and anchor with two anchors as the coral is a few meters away on each side and us “nearly” on the sand at low tide but then what a calm !
We will meet again there with Francette and Antoine, who are by far the specialists of this kind of anchorage, for great pictures. Thank you Francette !
Then back to Rikitea on Sunday evening, yes end of the week end; there is school on Monday morning as well as… hiking aie, aie, aie.

vendredi 22 janvier 2010

Navigation Fakarava (Tuamotu) à Rikitea (Gambier)

22 janvier 2010. GAMBIER.
(English version below)

6 jours de navigation placés sous le signe de la claustration : 6 jours, 6 nuits, 144 heures, 8640 minutes, 518 000 secondes passées à se morfondre sous des pluies diluviennes et incessantes, des orages 4 à 5 fois par jour, des vagues nous frappant de plein côté et imprimant de violents mouvements. 6 jours, 6 nuits, 144 heures, 8640 minutes, 518 000 secondes à rester couchés en attendant une éventuelle accalmie qui malheureusement ne vient pas, ni possibilité de cuisiner, ni possibilité d’une quelconque action d’ailleurs, ni possibilité de prendre un bol d’air frais sans risquer d’être ensevelis sous des trombes d’eau salée et non salée !!! En résumé une vraie galère, aussi galère que cette fameuse traversée Guadeloupe/Belize … Enfin comme l’a si bien fait remarqué une de mes amies : 6 jours à manger que des oranges, ça remplace un bon régime. Philippe quant à lui vous dira que c’était une belle navigation et qu’il pourrait aller jusqu’au bout du monde : quel traître ! Avouons que lui aussi ne l’a pas trouvée très drôle.

Alors allez-vous dire qu’avez-vous fait pendant ces 6 jours, 6 nuits, 144 heures, 8640 minutes, 518 000 secondes allongés sur vos couches. Et bien Philippe s’est vu confié la double tâche de cuisinier pour Emma et lui (moi je suis restée ORANGES) c’est-à-dire LE spécialiste de l’ouverture de boite et réchauffage à toute vitesse pour éviter de tout se prendre dans les jambes et s’est spécialisé également dans le jeu de rôle avec les playmobiles : eh, oh, ça ne vous suffit pas cette saloperie de mer qu’il faille encore jouer justement ceux des Pirates !!! Quant à ma propre personne, pendant que certains de nos proches se penchent sur les questions du bonheur, moi je me suis attachée à la préparation d’une thèse sur la RESIGNATION ou alors Comment dégouter à vie votre femme de la navigation …
Quelques contrecoups de ces vagues « assassines » : un chandelier désolidarisé de la poutre avant, des litres d’eau salée qui ont envahis les cabines avant et nos matelas en sont gorgés (défauts sur nos hublots qui nécessitent des petites améliorations) et enfin bien triste nouvelle notre statue de perroquet en a même perdu son bec !
Et enfin un petit matin nous émergeons dans le lagon intérieur et fatigués ancrons Mowgli dans le 1er mouillage venu, sortons les matelas à faire sécher (je vous dis pas l’odeur !), ouvrons pour la 1ère fois depuis 6 jours tous les hublots de Mowgli, une petite papote avec nos 1ers mangaréviens rencontrés, très charmants, et enfin plongeons dans un sommeil réparateur : ouf ça ne bouge plus !
Le contrecoup de la navigation sur Emma ...Les sourires de l'arrivée !
Le lendemain nous décidons de nous rendre au village, de quoi renouveler mon stock d’oranges, on sait jamais ! En chemin nous improviserons un petit stop en plein lagon pour saluer Francette et Antoine sur Banana Split. Rendez-vous est donné dans quelques jours pour partager nos impressions et faire cette fameuse photo des 2 frères Banana Split et Mowgli. Nos premiers jours aux Gambier ? Je ne vous donnerai que nos 1ères impressions car le temps très pluvieux ne nous donne pas l’occasion de faire beaucoup d’excursions. A peine arrivés à terre, un vrai bonheur que les gens vous saluent très spontanément, on vous aiguille tout de suite, on vous demande combien de temps vous allez rester, la boulangère nous enseigne chaque jour un nouveau mot. Les maisons sont très bien entretenues, de belles façades colorées et des jardins de toutes les couleurs : des arbres fruitiers et des fleurs en profusion. Certainement la Polynésie qui nous marquera le plus : une authenticité.
Et fait très marquant, lundi 18 janvier à 7h30 Emma a fait sa 1ère rentrée des classes. Et oui grâce à la générosité et la gentillesse de la directrice de l’école, Emma a intégré la classe de Rarahu, l’institutrice, en moyenne section de maternelle. Remercions également toute la patience et la chaleur de Rarahu car la 1ère journée avec Emma ne fût guère reposante : quelques cris, devrais-je dire hurlements !, en début de matinée quand nous l’avons quittée puis ensuite participation à quelques activités, midi à la cantine avec les petits camarades et puis vers 14h elle s’est effondrée de sommeil sur le banc de la classe. Quand nous l’avons récupérée à 15h30 elle dormait encore … Que d’émotions dans cette journée !!! La suite pour demain …
Et puis nous avons retrouvé une vraie vie de mouillage avec 4 autres bateaux présents dont 2 familles avec des enfants : un régal pour Emma.
Mais laissons en pour plus tard … A la semaine prochaine pour une nouvelle page consacrée aux Gambier.

Quelques photos de l'île de Mangareva :

De l'intérieur du Couvent Rouru Cimetière St Pierre où gît le dernier roi des Gambier, Maputeoa
Quelques fermes perlières familialesMowgli et les autres voiliers au mouillage de Rikitea.

And now English version :

From Fakarava ( Tuamotu) to Rikitea ( Gambier)
Six sailing days of imprisonment, 6 days, 144 hours, 8640 minutes, 518000 seconds spent moping under torrential and constant rains, storms 4 or 5 times a day, waves hitting our side and creating violent movements, 6 days, 144 hours, 8640 minutes, 518000 seconds laying down waiting for a potential lull which unfortunately never came, impossible to cook, or to do anything anyway, impossible to go out to breathe without the certitude to get soaked by salted and unsalted water !!! To cut it short a real hassle to be compared with the one between Guadaloupe and Belize… At the end like one of my friend told me once: « 6 days eating oranges is the best possible diet ». Philippe as usual will tell you that it was a nice journey and that he could go to the end of the world, what a treacherous! Honestly even he did not find it very funny.

So maybe you are wondering what we have done during those 6 days, 144 hours, 8640 minutes, 518000 seconds lying on our bed. For Philippe two missions, cooking for Emma and himself ( for myself oranges were enough) which means The specialist in opening and cooking cans as quickly as possible to avoid getting them on the floor or on his legs and playing with Emma and her pirate boat ( enough boat for me !)
Concerning myself while some think about what happiness means, I prepared a thesis about resignation or how make to your wife fed up with sailing for the rest of her life.
Some consequences of those « killing waves » , one of our security « sticks » outside pulled out, too many liters of salted water in the front cabins, our beds soaked ( a problem on our hatches needing some improvement) and at last a very bad news : our Perrot even lost his beak.
Finally an early morning we reached our lagoon and exhausted anchored Mowgli at the first possible anchorage, pulled out the mattress ( don t try to imagine the smell !), open all the windows for the first time in six days, have a little chat with the first magarevian people met and felt deeply asleep ( great it s not moving anymore !)

The next day, we decided to go to the village to renew our stock of oranges, who knows! On our way we made a quick and unexpected stop to greet Francette and Antoine (a famous French artist) on their Banana Split. We will meet again in a few days to share ideas and make a special picture of the two sister ships (Banana Split was designed by the same architect and produced by the same company as Mowgli some 20 years before!)

Our first days in the Gambier? We will give you few feelings as with such a rainy weather we hardly left the boat. As soon as we got ashore, what a pleasure to see everybody greeting you spontaneously , telling you your way, asking you how long you will stay there and the baker teaching you one new word every day. The houses are very nice, well decorated, the gardens colorful and as many fruit trees as needed. Probably the best polynesian impression So far, very authentic.

One special event !! On Monday 18th at half past seven Emma went to school for the first time. Thanks to the kindness of the school manager who accepted her for one month in rarahu classroom. Thank you too to Rarahu as the first morning was very noisy (lots of shouting and screaming) but very sleepy the first afternoon. We will see how it goes tomorow.
The anchorage is very nice, very sheltered with four other boats, 2 of them with children, an Emma s dream!
But that s enough for today, we will show you more about the Gambier next week.